Démarche

À dix-sept ans, je découvre l’argile. À cinquante-sept ans, je ne cesse de m’y intéresser. Ma curiosité naturelle m’a conduit à voyager et à explorer de nombreux domaines reliés de près ou de loin à la céramique. Les vingt dernières années tournent autour de l’argile, partagées entre l’enseignement et la création. Aujourd’hui, le besoin est fort d’assouvir ma passion grandissante et fleurissante pour la recherche

Mes pièces sont cuites dans un four à bois ou dans un four à gaz à très haute température. Avec la cuisson au bois, les cendres se déposent naturellement sur les pièces. À cette température, les cendres fondent et se mélangent aux glaçures créant des effets tout à fait surprenants que seul le bois peut offrir. Avec ce type de cuisson (four à combustion), il est possible de contrôler l’atmosphère du four et de modifier considérablement les colorants dans les glaçures.

L’émaillage de mes pièces se fait principalement avec des glaçures qui ont été composées il y a plusieurs siècles en Orient.

Je mélange différentes argiles ensemble ; grès rouge, blanc et porcelaine et ajoute des agrégats ainsi que des chamottes afin de créer des colorations et des textures que je recherche.

J’apprécie le côté brut de la matière, la force qu’elle dégage et particulièrement le mouvement qu’offre une pièce tournée. Comme dans ma vie, je recherche à la fois l’équilibre et l’intensité. J’aime aller à la limite de la rupture et en contrepartie introduire la ligne pure et les courbes douces. Déséquilibre et stabilité, douceur et rugosité. Voilà le mariage que je propose.

Voyez le film L'héritage d'un feu de Pierre Letarte. À l’occasion d’une cuisson au four à bois, ce film documente l’impact du feu sur la vitalité de l’argile et celle de l’artiste qui lui donne une autre vie.